Celui qui prie est en dialogue direct avec son Seigneur, Allah Le Très-Haut qui demande :
« … et tenez-vous debout devant Allah, avec humilité. » (Sûrat 2 – Aya 238)
Tandis que chacun de nous s’édifie aux récits des compagnons et ceux et celles qui les ont suivis au sujet de leur concentration dans la Prière, leur Khushu‘ imperturbable (même après une piqûre d’insecte, même sur le champ de bataille, etc.), nous ne nous sentons même pas un dixième de leur égal dans nos prières.
Il y a ceux qui se grattent, ajustent leurs habits, ceux qui ajoutent un geste sans s’en rendre compte, suivent du regard ce qui passe, et même regardent leur montre ! De telles personnes ne réalisent-elles pas qu’elles sont en conversation directe avec Allah le Très-Haut ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
Devant un responsable administratif important, devant un patron, nous sommes attentifs à nos gestes, nos expressions, notre regard qui exprime le respect, et tantôt l’espoir, la reconnaissance ou l’attente d’une indulgence par rapport à une faute commise.
Or Allah ne mérite-Il pas le plus grand des respects ? N’est-ce pas envers Celui dont dépend notre vie d’ici-bas et notre Au-Delà que nous devons exprimer nos espoirs ? Enfin, comment ne pas être attentifs et suppliants au point d’oublier tout ce qui nous entoure et ne pas oser bouger ni lever les yeux du sol face à Celui qui est Omniscient ?
« Il (Allah) connaît la trahison des yeux, tout comme ce que les poitrines cachent. » (Sûrat 40 – Aya 19)
Réfléchissons, cherchons à nous améliorer, progressons.
Il nous faut tenir à cette Prière qui forge notre patience (qualité essentielle de cette vie) et nous préserve. Sinon, comment espérer voir nos enfants prier avec foi ? Allah qui connaît ses créatures et leurs faiblesses dit :
« En vérité, la Prière préserve de la turpitude et du blâmable ». (Sûrat 29 - Aya 45).
De plus, comprenons que la récompense de notre Prière est fonction du degré d’humilité et de crainte avec lesquels nous l’accomplissons. Elle n'est pas qu'une gestuelle.
Or le Khushu‘ est à la Prière, ce que l’âme est au corps. Sans lui, elle reste creuse, simple mécanique.
Le Messager d’Allah, Paix, Prières et Bénédiction d’Allah L’Exalté sur lui, a dit :
« Il y en a parmi vous qui prient une prière complète, d'autres qui en prient la moitié, le tiers, le quart, le cinquième jusqu'à arriver au dixième ». (An-Nasâ’î).
Une Prière où ne sont pas ressentis la crainte ni l’humilité n’est pas animée du souffle de la spiritualité qui nous élève et nous aide à nous détacher réellement de ce monde concret. Nous n’en tirerons aucun Bienfait, ou si peu… et une obligation sans cœur ne tiendra pas longtemps…et on n’y trouvera pas la joie… et nos enfants non plus.
« Et cherchez aide dans la patience et la Prière. Certes, la Prière est une lourde et dure obligation, sauf pour les Khâshi‘în. » (Sûrat 2 – Aya 45)
Finalement, il semble que la différence dans notre façon de prier soit liée à une cause : la faiblesse de notre credo ‘Aqida. Alors, avant de l’expliquer à nos enfants, posons-nous cette question : les bases de ma foi sont-elles solides au point que le doute n’y pénètre pas, et qu’en cas de faiblesse dans ma pratique, ma conviction m’amène à éprouver une honte insurmontable face au Créateur ?
Car celui qui sait l’importance de cette rencontre avec son Seigneur qu’est la Prière, ne peut que l'accomplir comme il le faut : à son temps et dans les normes et conditions exigées physiquement et moralement, afin d’y trouver un soulagement et la joie.
Demandons-nous encore : ai-je (re)connu mon Créateur ?
Aussi, avant d’enseigner la Prière aux enfants, apprenons-leur à connaître Allah Tout-Puissant, Pardonneur et Miséricordieux, étudions avec eux Ses Plus Beaux Noms par lesquels Il Se dévoile à nous.
Et qu’Allah facilite à nos enfants la compréhension de ce lien
wa-l-Hamdu li-Llâhi Rabbi-l-‘âlamîn.
